La nuit des cochons de Hélène Zoler
1991 : Julien, la cinquantaine chancelante, mène une vie sans grand intérêt et multiplie trop souvent les soirées au gin, dont il peine à se remettre.
Un lendemain de veille, il est réveillé par un appel de sa sœur Faustine qui l’informe que leur sœur Agnès, en fin de vie, souhaite le revoir.
Cela fait plus de 35 ans qu’il n’a plus de contact avec sa famille. Agnès est la plus jeune des filles et, parmi ses cinq sœurs, c’est sans hésitation celle avec qui il a partagé des moments doux, quelques-uns, mais surtout subi la tyrannie de leur père qui les maudissait tous les deux, encore bien plus que leurs aînées.
Brillant élève, il aurait aimé poursuivre ses études mais dans une ferme, au milieu des années 50, tous les bras étaient nécessaires.
L’idée de faire un pas vers Agnès pour lui dire au revoir le ramène brutalement dans son passé, remuant des souvenirs douloureux, échos d’une enfance sombre, pétrie par les humiliations et les violences intra-familiales. Sans vraiment savoir s’il le fait pour elle ou pour tenter de se reconstruire, Julien décide qu’il est temps de lever le voile sur le flou qui entoure ses derniers souvenirs familiaux.
L’atmosphère dans laquelle nous plonge l’autrice belge Hélène Zoler est tout simplement suffocante. D’une écriture flamboyante, elle dépeint le quotidien de Julien et de ses sœurs en proie à la sauvagerie de leur père ; proposant un texte haletant de bout en bout. Un livre qu’on n’a pas envie de refermer mais duquel il faut par moments se détacher, tant certains passages laissent KO. L’association d’une langue belle et expressive à la misère sociale et l’étroitesse d’esprit fait merveille pour cet excellent premier roman.
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